Roger n'est pas un perdreau de l'année, cela fait plus de 75 ans que cette maison réputée restaure ses clients à deux pas du Pont-neuf, aux frontières du quartier latin.
Fondé en 1930, ce restaurant dont le nom sonne comme un personnage de Michel Audiard, prépare et sert évidemment la grenouille à toute les sauces. Tous les amateurs de froggies, ce plat au combien emblématique qui a fait notre réputation sinon notre réputation culinaire à travers le monde, sont maintenant avertis, un temple consacré à leur batracien favori se cache au coeur du VIème arrondissement.
Le restaurant a abrité plusieurs propriétaires, avec ses hauts et ses bas.
La maison a maintenant été reprise par des grands maîtres du bistrot Allard dont la solide réputation traverse l'Atlantique depuis de nombreuses années.
C'est donc une nouvelle vie qui commence pour cette grenouitière qui se montre rapidement très attachante.
Lorsque l'on arrive à l'entrée du restaurant, une dévanture étroitissime affiche l'étendart de la maison : une grenouille verte bien rondouillette avec une couronne sur la tête...
On l'embrasserait presque pour qu'elle se transforme en princesse (ou prince selon).
Il est indiqué à l'entrée Accès par la droite...
On pénètre alors bien par la droite dans une petite cours arborée, au fond, à gauche, la porte de Roger s'ouvre enfin.
On y est accueilli par le chef de salle, M.Lelévrier, en costume cravate qui vous salue avec le sourire.
Les serveurs en tablier noir surgissent comme tout droit évadés d'une image d'Epinal de bistrots parisiens : la voix bien posée, professionels et plein d'humour.
La salle se montre presqu'aussi étroite que la devanture... tout en longueur elle serpente comme couloir entrecoupé d'escaliers, au milieu d'objets rococos, de vieille affiches sous des boiseries d'acajou.
Des fresques représentant des brigades d'hommes répartis en plusieurs corps de métier en tenue (cuisiniers, avocats...) suivent les murs de bout en bout.
Sur les murs s'affichent aussi des photos d'un autre siècle et des cartes où l'on parle encore en anciens francs, le tout offrant cette pointe de nostalgie qui se marie avec l'authenticité.
Au plafond, c'est un bric à brac d'objet suspendus, une vraie brocante au dessus de vos têtes : casseroles, arrosoirs, pôts, moulins à café...
Les lustres éclairant la salle sont eux aussi tout droit sorti de chez grand-mère, dépareillés et patinés.
Il y a encore quelques temps, le restaurant était une sorte de boite à touriste ou les groupes se succédaient afin d'avoir leur morceau du rève parisien : kitsch, cabaret et popu...
Le décor a donc été fortement allégé et remanié.
Le carrelage typiquement bistrot et des tables en bois bien dréssées et nappées de blanc complètent ce décorum qui ravira quiconque en quête de folklore parisien.
Une deuxième salle à l'arrière du restaurant vous offre des possibilités de dîner en groupe de part sa disposition plus adaptée.
Côté carte, les plats ne manquent pas !
On la consulte en grignotant des amuses bouches : pain grillé accompagné d'une tapenade à tartiner tout à fait savoureuse.
Le menu se présente en une page cartonnée, fraîchement imprimée car la sélection des plats change régulièrement au gré du marché et des saisons.
Néanmoins, on notera les plats phares de la maison indétrônables qui sont tout le monde s'en doutera, les cuisses de grenouille !
Servies en entrée ou en plat principal, nous avons pu les déguster cuisinées à la provençale, et à la purée d'ail avec un jus de persil.
En relation directe avec des fournisseurs de cuisses de grenouilles fraîches, la qualité des produits est optimale et ça se sent. Les deux recettes se sont montrées si savoureuses qu' on en redemande !
Les entrées ne manquent pas d'idées : terrine de queue de boeuf et petits légumes, saumon épais façon hareng, rémoulade de crabe à la mousse de poivron et d'avocat... mmmmm !
Pour continuer le repas, nous repérons immédiatement l'épaule d'agneau confite aux petits oignons et carottes glacées.
Servie pour deux personnes, ce plat est un délice pour tous les amateurs de cette viande de caractère.
Pour vous mettre en appétit, le service du grand plat se fait en salle.
L'épaule d'agneau se montre fondante à souhait, les carottes sont gouteuses, les oignons un poil sucrés sont superbes.
Un plat copieux de bistrot qui nous prouve une fois de plus, que la tradition, ça a du bon !
Au dessert, la maison n'abandonne pas les gourmands qui s'y arrêtent.
A la carte du moment, un sabayon aux fraises de gariguettes était bien attirant.
Les classiques de bistrot comme le vrai baba au rhum, la tarte tatin, la crême brulée aux pommes sont toujours présents en bonne place.
Plus original, la tarte chaude au chocolat et son granité de menthe... pour les fondus de cacao.
Pour notre part, on a joué sur le terrain traditionnel des profiterolles glacées...
Et bien nous en a pris, les profiterolles avec de véritables choux maison, une bonne crême glacée et un chocolat chaud préparé en cuisine et délicatement versé en salle sur l'ensemble, c'est vraiment TOP !
Côté vins, la sélection proposée est riche et variée, une fois de plus un savoir faire Allard que l'on ne peux que retrouver ici.
| Cuisine | Francaise |
| Menu | Déjeuner à 24 et 32€, Soir à la carte |
| Prix | Entre 35€ à 45€ |
| Horaires | Ouvert du Lundi au Samedi de 12h00 à 14h00 et de 19h00 à 23h00 |
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